Retour sur la conférence « Femmes, Sport et Médiatisation : « pour une couverture plus importante du sport féminin » du Mercredi 27 novembre 2013 à la Maison du Sport Français – Paris organisée par le think-tank Sport&Citoyenneté et dans le cadre des 24h du sport féminin annoncé a cette occasion qui se déroulent le 1 février 2014 sous l’égide du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et du ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, en collaboration avec le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et l’association Femix Sports.

Lors de sa conférence le think-tank Sport&Citoyenneté aura réussi le tour de force de réunir les principaux décisionnaires du sport en France travaillant soit conjointement soit parallèlement avec les mêmes objectifs : le développement du sport féminin (sujet du jour). Les messages et prises de position ont été clairs et assumés pour une conférence qui a également servi de porte voix pour des projets à venir.

Des intervenants de qualité réunis dans un lieu de référence lorsque l’on parle de sport mais surtout d’égalité homme-femme (Maison du Sport Français). Mais aussi un après-midi enrichissant et chargé d’optimisme quant à la prise en compte du sport féminin  et de la sportive dans les médias de façon sinon paritaire au moins équilibrée.

 

Un constat effarant pour une pratique sportive quasi à égalité des hommes.

Comme se sont accordés à le préciser chacun des intervenants, le rôle des médias a et aura un rôle prépondérant dans le développement du Sport Féminin : développement de la pratique sportive et de son accès, développement économique, professionnalisation, etc. Mais l’un ne va pas sans l’autre, et c’est aussi son développement en interne (organisation, résultats sportifs, etc.) qui permettra à l’avenir de faire mentir ce chiffre repris tout au long de la conférence : seulement 7% du volume horaire global des médias est consacré au sport féminin. Alors que 37% des femmes déclarent pratiquer un sport contre 43% pour les hommes => rapport du CSA

 

Des engagements ont déjà été entrepris.

De la part du gouvernement, tout d’abord avec, comme l’a annoncé, Mme la Ministre des Sports, Valérie Fourneyron, le déblocage d’un fond de soutien pour la production d’images. Mais aussi la volonté du CNDS de toujours plus réduire les inégalités dont l’accès des femmes et des personnes en situation d’handicap à la pratique sportive.

Car l’accès au sport pour les femmes est une problématique incontournable de ce thème en termes d’emploi du temps et de professionnalisation mais aussi d’accès aux infrastructures. Combien d’équipes féminines, même de haut niveau, a dénoncé la basketteuse professionnelle Edwige Lawson-Wade, n’ont pas accès à des infrastructures de même qualité que leurs homologues masculins?

Par ailleurs il a été soulevé la question de la représentation de la sportive dans les médias et plus particulièrement de l’instrumentalisation de son corps. En effet, elle est plus souvent représentée, regardée et commentée de manière sexuée plutôt que sur ses aptitudes sportives physiques, techniques et tactiques.

Dans les engagements, il faut souligner les volontés du CSA et de la chaîne sportive Eurosport.
Un appel à participation à un groupe de réflexion a été lancé lors de la conférence par le CSA en vue de l’organisation d’une journée (24h) consacrée au Sport féminin le 1er Février 2014.
La chaîne sportive quant à elle reconnait le potentiel d’affaires et souhaite répondre à la demande grandissante de sa clientèle en termes de compétitions sportives d’équipes féminines, d’ailleurs la part du sport féminin représente 25% de sa grille.
Elle rejoint en demi-teinte l’insistance du CSA à développer l’offre sur les chaînes publiques. 95% des 7% des retransmissions du sport féminin sont réalisées sur les chaînes privées donc moins accessible au plus grand nombre.

Les participants se sont également demandé s’il devait y avoir intervention législative ou non. Les solutions sont une règlementation pure et dure ou une politique incitative. Ils s’accordent pour dire qu’il y a un véritable changement culturel à initier quant à la place de la femme dans la société.

Enfin sur le débat pur de la médiatisation télévisuelle il manque encore une réelle volonté de la part des diffuseurs et des annonceurs comme le précise Brigitte Henriques, secrétaire générale de la FFF. Elle intervient en tant que témoin et acteur en prouvant que l’organisation interne et les résultats sportifs mènent à la diffusion du sport.

 

La question de la représentativité du sport féminin dans les médias en France concerne essentiellement les sports collectifs.

Il y a certes eu un fort engouement pour les finales de basketball et de football en 2013 mais il manque de la continuité tout au long de l’année malgré des résultats probants et suivis.
Les grands absents du débat ont été le rugby et le handball, même si la problématique reste la même : la mise en commun ou non d’un calendrier pour les compétitions féminines et masculines.
L’avantage des sports individuels est l’organisation de compétitions nationales, européennes et internationales prenant en compte les hommes et les femmes.

 

« Est ce que je vaux moins qu’un homme » ?
Il est vrai que devant les chiffres et les expériences vécues par bon nombre de sportives, Aya Cissoko, boxeuse professionnelle, intervient à point nommé quand elle annonce le lancement du Collectif “Est ce que je vaux moins qu’un homme?”. L’idée est de dénoncer les discriminations mais surtout de sensibiliser les citoyens à l’importance d’une égalité de traitement en termes de salaire, d’accès au sponsoring, de postes a responsabilités etc.

 

Une conclusion empreinte d’optimisme
Les différents acteurs se sont accordés pour dire qu’il faut continuer sur la lancée et que c’est par la sensibilisation, la médiatisation et les résultats que le sport féminin saura faire sa place dans la société auprès d’un public de plus en plus sensible et intéressé.

 

Mais finalement le sport est reflet et acteur de la société comme le dit souvent le président de Cialfi, Alexis Gallice.

Les différents thèmes abordés lors de cette conférence sont aussi ceux dénoncés dans la société en général. Toutefois le Sport ne peut être simplement relégué au statut de reflet de la société car il est aussi acteur. Il a l’avantage d’être un moyen d’agir en profondeur sur les mentalités et les comportements du fait de son positionnement au niveau de toutes les parties de la société : du strass et paillettes des professionnels à l’épanouissement des jeunes et amateurs sur le terrain au quotidien grâce à la formation, l’accompagnement et l’investissement.

Cette conférence aura permis de montrer une volonté commune de différentes institutions publiques ou privées qui agissent avec les mêmes objectifs et l’envie commune de féminiser le sport dans les médias.
Les « 24h du Sport féminin » organisés ce 1er février sont un parfait exemple de la capacité à se réunir pour agir conjointement.

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